Voyage intérieur aux quatre coins de la planète

Voyage intérieur aux quatre coins de la planète
Guitariste virtuose, Koité est parvenu à créer une musique panmalienne en s'inspirant de plusieurs des cultures de son pays. Deux semaines après son passage à L'Astral le 15 février prochain avec l'excellent groupe Bamada, il fera paraître le disque …
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Thorn Simon et Bruno Ouellet réalisent un rêve
C'est à force de contacts et de voyages à Los Angeles que cette opportunité s'est présentée à Thorn et, bien entendu, il s'est empressé de la saisir puisqu'il s'agit pour lui de la réalisation d'un rêve. Bruno et Thorn ont prévu un voyage d'une dizaine …
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Concert du groupe L'ouïe l'a vue à Nice
Outre les deux membres du noyau de base du groupe: Alain de Fombelle (ordinateur, tablette graphique, imagerie numérique temps réel vidéo-projetée, texte, voix et divers) et Christophe Meulien (guitare, objets, piano, voix, sanza, trompette, tablette …
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Walter Trout gros poisson du blues

Walter Trout gros poisson du blues
Je vous recommande chaudement ses deux derniers, "Blues For The Modern Daze" et "Luther's Blues" (sortis chez Provogue), le dernier constitutant un tribute à son ami Luther Allison. Du blues électrique, très chaud, gavé d'une guitare aussi omniprésente …
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Le blues touareg de Bombino
L'album né de ce voyage improbable, Nomad paru au printemps 2013, a surtout de génial de ne pas altérer l'âme de la musique du guitariste, auteur-compositeur et interprète né au Niger en 1980 et qu'on réduit souvent à n'être qu'un Hendrix du désert.
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Famille Bonnet : quatre belles notes sur la partition de la vie

Famille Bonnet : quatre belles notes sur la partition de la vie
Plus intériorisé que son frère, Rodolphe partage son amour de la guitare avec un adolescent assez prometteur, Guilhem Panaye. Professeur dans une école du Lot, il joue également de la contrebasse. "La musique fait naître en nous des émotions, …
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Fabien Mornet, un Vendéen, guitariste à la Nouvelle Star
Il faut savoir lire les partitions, les exécuter en « direct » sans hésitation, et répondre aux demandes du chef d'orchestre, ainsi qu'aux changements de dernière minute. « Ils sont nombreux, parfois même quelques minutes avant le direct ! » En tout …
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Marianne Di Tomaso: seule ou avec d'autres…
À 5 ans, Marianne Di Tomaso a reçu son premier instrument et son père, guitariste de jazz de profession, a vite reconnu que les intérêts musicaux de sa fille étaient liés à un talent certain. Quinze ans de conservatoire plus tard, la jeune femme arrive …
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Ce que nous avons aimé dans les bacs en 2013
Cordes, guitares, Nile Rodgers en prime. La fille rebelle du nouveau fado, Ana Moura, qui reprend du Joni Mitchell d'une voix arrachée, et intitule Desfado un disque produit par … Autre rareté, celle d'une partition jusqu'alors inédite : en sus de …
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Lastest Accords Guitare News

Accord Sol mineur (Gm)
accords guitare

Image by tabs4acoustic
Dictionnaire d’accords Guitare complet: www.tabs4acoustic.com/accords-guitare.html

Rocksmith 2014, le jeu de guitare qui rocke
En plus des jeux pour apprendre, il existe des tonnes d'applications utiles – parfois même essentielles – pour la guitare. Plusieurs sont gratuites comme les accordeurs InsTunerLite et GuitarTuna, le métronome de ProMetronome et le répertoire d'accords …
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Guitare, trompette et basse à la messe
L'importante assistance (dont beaucoup d'enfants devant la crèche) a joint ses voix aux accords harmonieux de guitare, basse et trompette. Fabien, Cécile et Dominique, les musiciens occasionnels et vedettes de la soirée, ont été très applaudis. Publicité.
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Phuoc 10

A few nice guitare chords images I found:

Phuoc 10
guitare chords

Image by pixiduc
La guitare "vietnamienne" diffère des autres guitares par son manche .
La "touche" est plus incurvée. Cela permet de jouer de la musique traditionnelle vietnamienne.

The fretboard of the guitar is very heavily scalloped, and the strings are kept quite loose. Often only five of the strings are used. They are pushed in between the frets towards the fretboard in order to raise the pitch. This facilitates using a guitar to play Vietnamese music, but does not allow standard chords to be played.

Music by Larry Polansky
guitare chords

Image by fabonthemoon
www.q-o2.be/nl/

digitalmusics.dartmouth.edu/~larry/

LARRY POLANSKY: The World’s Longest Melody

Larry Polansky – for jim, ben and lou – guitare, harpe et percussion
Larry Polansky – Ontslaan – quartet de guitares électriques – creation
Larry Polansky – 34 Chords – solo guitare électrique
Christian Wollf – Pairs – duo guitare

musiciens:
Toon Callier – guitare acoustique et électrique (ZWERM)
Larry Polansky – guitare électrique
Jutta Troch – harpe
Jeroen Stevens – percussion
Matthias Koole – guitare électrique (ZWERM)
Johannes Westendorp – guitare électrique (ZWERM)
Bruno Nelissen – guitare électrique (ZWERM)

Larry Polansky & ZWERM
guitare chords

Image by fabonthemoon
www.q-o2.be/nl/

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LARRY POLANSKY: The World’s Longest Melody

Larry Polansky – for jim, ben and lou – guitare, harpe et percussion
Larry Polansky – Ontslaan – quartet de guitares électriques – creation
Larry Polansky – 34 Chords – solo guitare électrique
Christian Wollf – Pairs – duo guitare

musiciens:
Toon Callier – guitare acoustique et électrique (ZWERM)
Larry Polansky – guitare électrique
Jutta Troch – harpe
Jeroen Stevens – percussion
Matthias Koole – guitare électrique (ZWERM)
Johannes Westendorp – guitare électrique (ZWERM)
Bruno Nelissen – guitare électrique (ZWERM)

Cool Guitare Acoustique Pas Cher images

A few nice guitare acoustique pas cher images I found:

Alpha Blondy
guitare acoustique pas cher

Image by lewebafricain
On ne devrait pas avoir besoin de présenter Alpha Blondy, superstar du reggae ivoirien actif depuis les années 1980, véritable horticulteur de tubes devenus des classiques, de « Brigadier Sabary » à « Jérusalem » en passant par « Afriki » et « Apartheid Is Nazism ».

Et pourtant, malgré son statut de commandeur du groove africain, Alpha se réinvente à chaque album, évitant les pièges du formatage et amenant à chaque fois un nouvel élément à son mix.

Et bien sûr, Mystic Power, son seizième album studio, ne fait pas exception à la règle. « On a fait un très beau travail avec mon groupe Solar System. J’ai voulu innover, développer le côté rock. On dit toujours “Roots Rock Reggae“, mais en fait c’est bien souvent “roots reggae“. Je ne voulais pas rester dans l’ethnique, le tribal. Je veux agrandir la dimension du reggae, toucher tous les fans. Dans cet album il y a des chansons planantes, d’autres avec de la guitare » explique Alpha devant son expresso serré. Et de fait, sur des titres comme « Seydou » et « J’Ai Tué Le Commissaire », la six cordes se taille la part du lion, rugissant des riffs qui s’accordent bien avec le son roots mixé par le grand Dennis Bovell (Linton Kwesi Johnson, Fela, I-Roy, Madness).

L’invité de marque est bien sûr Beenie Man, qui ouvre l’album avec « Hope ». « Beenie Man et moi on a partagé la scène au Surinam et en Guyane. J’ai aimé son show, en plus c’est un mec qui a beaucoup d’humour. Je lui ai proposé un featuring sur mon prochain album, il m’a dit No Problem. Il m’a appelé quand il était en Allemagne, il voulait vraiment venir. On a payé son billet, et on a enregistré “Hope“ à Marcadet dans une bonne ambiance. J’ai aimé Beenie parce la musique qui soutient ses toastings est très reggae. Les aboiements, ça fatigue le système ».

On connaît le goût d’Alpha pour les adaptations françaises de classiques du reggae ou de la chanson. Coup double sur Mystic Power avec « J’Ai Tué le Commissaire » et « Le Métèque ». La première chanson est une version du classique de Bob Marley « I Shot The Sherif » qu’Alpha avait traduite à la fin des années 70, au Max’s Kansas City de New York, juste pour le fun. Trente ans plus tard, il finalise cette superbe cover. « J’ai transcrit le texte, mais j’ai gardé l’esprit. En Français, ça sonne plus violent. J’aime le côté cynique et naïf du personnage. Et j’ai voulu mettre en exergue l’humour noir de Bob ».

L’autre reprise est celle d’un monument de la chanson française, déjà adaptée par Joey Starr, « Le Métèque » de Georges Moustaki. « L’adapter en reggae ça n’était pas dur. “Avec ma gueule de Nègre métèque, de Juif errant, de rasta grec“, je voulais ça. C’est lent et bien posé, j’aime beaucoup. Il y a de très belles chansons françaises qui n’ont pas été exploitées comme il se doit. Je veux donner une nouvelle jeunesse à des chansons bien écrites en les “reggae-ifiant“. Le jeu en vaut la chandelle ».

« Pardon » flirte avec l’actualité ivoirienne. Dans ce morceau acoustique, le chanteur bat sa coulpe : « Je me suis réveillé au pied du mur de ma vanité, j’ai entendu ma conscience pleurer, je me suis mis à prier ». Cette chanson est le Mea Culpa d’Alpha pour n’avoir pas su arrêter les violences en Côte d’Ivoire. « J’espère qu’ils comprendront que j’ai fait ce que j’ai pu. J’ai essayé. J’ai vraiment essayé. Mais Dieu en a décidé autrement. “Ils“ ont bousillé la Côte d’Ivoire. Ils ont montré leurs limites en tant qu’hommes politiques. Ils parlent du peuple qu’ils aiment, mais permettez-moi de douter de leur amour. S’ils aimaient les Ivoiriens, ils auraient fait des concessions chacun de leur côté pour éviter ce qu’on a vu. Quand tu lis les journaux, des fois tu as l’impression qu’ils n’ont rien compris. Combien de litres de sang leur faudra-t-il pour qu’ils comprennent ? »

Alpha, lui, n’oublie pas de rappeler que les vieux démons de son cher pays ne sont jamais loin avec « Danger Ivoirité », piqure de rappel pour que l’on n’oublie pas cette version africaine de la préférence nationale. « Je l’ai toujours dit : ce concept négro nazi est dangereux. On a commencé à parler d’Ivoiriens de souche multiséculaire, d’origine ou de circonstance. Et comme nous sommes un peuple très fier, si on traite un Ivoirien de plus ivoirien qu’un autre, on a une guerre.Voilà pourquoi j’ai dénoncé l’ivoirité dans ce morceau ».

Difficile de trouver un meilleur titre que « Réconciliation » pour l’un des morceaux les plus surprenants de ce disque puissant : quel meilleur symbole de la réconciliation d’un pays meurtri qu’un duo avec le chanteur qui fut jadis le meilleur ennemi d’Alpha, Tiken Jah Fakoly ? « Unis nous serons forts », dit Alpha dans les remerciements de son album. Et il met ses actes en accord avec ses paroles.

Malavoi fait la fermeture de l’album avec une brève conclusion, clin d’œil à cet « Exil », une composition qu’Alpha découvrit en 1988 et qui n’a jamais cessé de le hanter. Lee Jaffe, qui joua de l’harmonica sur l’album de Bob Marley Natty Dread, est un autre artiste invité sur ce Mystic Power qui marque le retour d’un Alpha au sommet de son art.
Mélodiste, militant et philosophe.
Tout simplement le plus important artiste africain du reggae contemporain.

Olivier Cachin

Alpha Blondy
guitare acoustique pas cher

Image by lewebafricain
On ne devrait pas avoir besoin de présenter Alpha Blondy, superstar du reggae ivoirien actif depuis les années 1980, véritable horticulteur de tubes devenus des classiques, de « Brigadier Sabary » à « Jérusalem » en passant par « Afriki » et « Apartheid Is Nazism ».

Et pourtant, malgré son statut de commandeur du groove africain, Alpha se réinvente à chaque album, évitant les pièges du formatage et amenant à chaque fois un nouvel élément à son mix.

Et bien sûr, Mystic Power, son seizième album studio, ne fait pas exception à la règle. « On a fait un très beau travail avec mon groupe Solar System. J’ai voulu innover, développer le côté rock. On dit toujours “Roots Rock Reggae“, mais en fait c’est bien souvent “roots reggae“. Je ne voulais pas rester dans l’ethnique, le tribal. Je veux agrandir la dimension du reggae, toucher tous les fans. Dans cet album il y a des chansons planantes, d’autres avec de la guitare » explique Alpha devant son expresso serré. Et de fait, sur des titres comme « Seydou » et « J’Ai Tué Le Commissaire », la six cordes se taille la part du lion, rugissant des riffs qui s’accordent bien avec le son roots mixé par le grand Dennis Bovell (Linton Kwesi Johnson, Fela, I-Roy, Madness).

L’invité de marque est bien sûr Beenie Man, qui ouvre l’album avec « Hope ». « Beenie Man et moi on a partagé la scène au Surinam et en Guyane. J’ai aimé son show, en plus c’est un mec qui a beaucoup d’humour. Je lui ai proposé un featuring sur mon prochain album, il m’a dit No Problem. Il m’a appelé quand il était en Allemagne, il voulait vraiment venir. On a payé son billet, et on a enregistré “Hope“ à Marcadet dans une bonne ambiance. J’ai aimé Beenie parce la musique qui soutient ses toastings est très reggae. Les aboiements, ça fatigue le système ».

On connaît le goût d’Alpha pour les adaptations françaises de classiques du reggae ou de la chanson. Coup double sur Mystic Power avec « J’Ai Tué le Commissaire » et « Le Métèque ». La première chanson est une version du classique de Bob Marley « I Shot The Sherif » qu’Alpha avait traduite à la fin des années 70, au Max’s Kansas City de New York, juste pour le fun. Trente ans plus tard, il finalise cette superbe cover. « J’ai transcrit le texte, mais j’ai gardé l’esprit. En Français, ça sonne plus violent. J’aime le côté cynique et naïf du personnage. Et j’ai voulu mettre en exergue l’humour noir de Bob ».

L’autre reprise est celle d’un monument de la chanson française, déjà adaptée par Joey Starr, « Le Métèque » de Georges Moustaki. « L’adapter en reggae ça n’était pas dur. “Avec ma gueule de Nègre métèque, de Juif errant, de rasta grec“, je voulais ça. C’est lent et bien posé, j’aime beaucoup. Il y a de très belles chansons françaises qui n’ont pas été exploitées comme il se doit. Je veux donner une nouvelle jeunesse à des chansons bien écrites en les “reggae-ifiant“. Le jeu en vaut la chandelle ».

« Pardon » flirte avec l’actualité ivoirienne. Dans ce morceau acoustique, le chanteur bat sa coulpe : « Je me suis réveillé au pied du mur de ma vanité, j’ai entendu ma conscience pleurer, je me suis mis à prier ». Cette chanson est le Mea Culpa d’Alpha pour n’avoir pas su arrêter les violences en Côte d’Ivoire. « J’espère qu’ils comprendront que j’ai fait ce que j’ai pu. J’ai essayé. J’ai vraiment essayé. Mais Dieu en a décidé autrement. “Ils“ ont bousillé la Côte d’Ivoire. Ils ont montré leurs limites en tant qu’hommes politiques. Ils parlent du peuple qu’ils aiment, mais permettez-moi de douter de leur amour. S’ils aimaient les Ivoiriens, ils auraient fait des concessions chacun de leur côté pour éviter ce qu’on a vu. Quand tu lis les journaux, des fois tu as l’impression qu’ils n’ont rien compris. Combien de litres de sang leur faudra-t-il pour qu’ils comprennent ? »

Alpha, lui, n’oublie pas de rappeler que les vieux démons de son cher pays ne sont jamais loin avec « Danger Ivoirité », piqure de rappel pour que l’on n’oublie pas cette version africaine de la préférence nationale. « Je l’ai toujours dit : ce concept négro nazi est dangereux. On a commencé à parler d’Ivoiriens de souche multiséculaire, d’origine ou de circonstance. Et comme nous sommes un peuple très fier, si on traite un Ivoirien de plus ivoirien qu’un autre, on a une guerre.Voilà pourquoi j’ai dénoncé l’ivoirité dans ce morceau ».

Difficile de trouver un meilleur titre que « Réconciliation » pour l’un des morceaux les plus surprenants de ce disque puissant : quel meilleur symbole de la réconciliation d’un pays meurtri qu’un duo avec le chanteur qui fut jadis le meilleur ennemi d’Alpha, Tiken Jah Fakoly ? « Unis nous serons forts », dit Alpha dans les remerciements de son album. Et il met ses actes en accord avec ses paroles.

Malavoi fait la fermeture de l’album avec une brève conclusion, clin d’œil à cet « Exil », une composition qu’Alpha découvrit en 1988 et qui n’a jamais cessé de le hanter. Lee Jaffe, qui joua de l’harmonica sur l’album de Bob Marley Natty Dread, est un autre artiste invité sur ce Mystic Power qui marque le retour d’un Alpha au sommet de son art.
Mélodiste, militant et philosophe.
Tout simplement le plus important artiste africain du reggae contemporain.

Olivier Cachin

Alpha Blondy
guitare acoustique pas cher

Image by lewebafricain
On ne devrait pas avoir besoin de présenter Alpha Blondy, superstar du reggae ivoirien actif depuis les années 1980, véritable horticulteur de tubes devenus des classiques, de « Brigadier Sabary » à « Jérusalem » en passant par « Afriki » et « Apartheid Is Nazism ».

Et pourtant, malgré son statut de commandeur du groove africain, Alpha se réinvente à chaque album, évitant les pièges du formatage et amenant à chaque fois un nouvel élément à son mix.

Et bien sûr, Mystic Power, son seizième album studio, ne fait pas exception à la règle. « On a fait un très beau travail avec mon groupe Solar System. J’ai voulu innover, développer le côté rock. On dit toujours “Roots Rock Reggae“, mais en fait c’est bien souvent “roots reggae“. Je ne voulais pas rester dans l’ethnique, le tribal. Je veux agrandir la dimension du reggae, toucher tous les fans. Dans cet album il y a des chansons planantes, d’autres avec de la guitare » explique Alpha devant son expresso serré. Et de fait, sur des titres comme « Seydou » et « J’Ai Tué Le Commissaire », la six cordes se taille la part du lion, rugissant des riffs qui s’accordent bien avec le son roots mixé par le grand Dennis Bovell (Linton Kwesi Johnson, Fela, I-Roy, Madness).

L’invité de marque est bien sûr Beenie Man, qui ouvre l’album avec « Hope ». « Beenie Man et moi on a partagé la scène au Surinam et en Guyane. J’ai aimé son show, en plus c’est un mec qui a beaucoup d’humour. Je lui ai proposé un featuring sur mon prochain album, il m’a dit No Problem. Il m’a appelé quand il était en Allemagne, il voulait vraiment venir. On a payé son billet, et on a enregistré “Hope“ à Marcadet dans une bonne ambiance. J’ai aimé Beenie parce la musique qui soutient ses toastings est très reggae. Les aboiements, ça fatigue le système ».

On connaît le goût d’Alpha pour les adaptations françaises de classiques du reggae ou de la chanson. Coup double sur Mystic Power avec « J’Ai Tué le Commissaire » et « Le Métèque ». La première chanson est une version du classique de Bob Marley « I Shot The Sherif » qu’Alpha avait traduite à la fin des années 70, au Max’s Kansas City de New York, juste pour le fun. Trente ans plus tard, il finalise cette superbe cover. « J’ai transcrit le texte, mais j’ai gardé l’esprit. En Français, ça sonne plus violent. J’aime le côté cynique et naïf du personnage. Et j’ai voulu mettre en exergue l’humour noir de Bob ».

L’autre reprise est celle d’un monument de la chanson française, déjà adaptée par Joey Starr, « Le Métèque » de Georges Moustaki. « L’adapter en reggae ça n’était pas dur. “Avec ma gueule de Nègre métèque, de Juif errant, de rasta grec“, je voulais ça. C’est lent et bien posé, j’aime beaucoup. Il y a de très belles chansons françaises qui n’ont pas été exploitées comme il se doit. Je veux donner une nouvelle jeunesse à des chansons bien écrites en les “reggae-ifiant“. Le jeu en vaut la chandelle ».

« Pardon » flirte avec l’actualité ivoirienne. Dans ce morceau acoustique, le chanteur bat sa coulpe : « Je me suis réveillé au pied du mur de ma vanité, j’ai entendu ma conscience pleurer, je me suis mis à prier ». Cette chanson est le Mea Culpa d’Alpha pour n’avoir pas su arrêter les violences en Côte d’Ivoire. « J’espère qu’ils comprendront que j’ai fait ce que j’ai pu. J’ai essayé. J’ai vraiment essayé. Mais Dieu en a décidé autrement. “Ils“ ont bousillé la Côte d’Ivoire. Ils ont montré leurs limites en tant qu’hommes politiques. Ils parlent du peuple qu’ils aiment, mais permettez-moi de douter de leur amour. S’ils aimaient les Ivoiriens, ils auraient fait des concessions chacun de leur côté pour éviter ce qu’on a vu. Quand tu lis les journaux, des fois tu as l’impression qu’ils n’ont rien compris. Combien de litres de sang leur faudra-t-il pour qu’ils comprennent ? »

Alpha, lui, n’oublie pas de rappeler que les vieux démons de son cher pays ne sont jamais loin avec « Danger Ivoirité », piqure de rappel pour que l’on n’oublie pas cette version africaine de la préférence nationale. « Je l’ai toujours dit : ce concept négro nazi est dangereux. On a commencé à parler d’Ivoiriens de souche multiséculaire, d’origine ou de circonstance. Et comme nous sommes un peuple très fier, si on traite un Ivoirien de plus ivoirien qu’un autre, on a une guerre.Voilà pourquoi j’ai dénoncé l’ivoirité dans ce morceau ».

Difficile de trouver un meilleur titre que « Réconciliation » pour l’un des morceaux les plus surprenants de ce disque puissant : quel meilleur symbole de la réconciliation d’un pays meurtri qu’un duo avec le chanteur qui fut jadis le meilleur ennemi d’Alpha, Tiken Jah Fakoly ? « Unis nous serons forts », dit Alpha dans les remerciements de son album. Et il met ses actes en accord avec ses paroles.

Malavoi fait la fermeture de l’album avec une brève conclusion, clin d’œil à cet « Exil », une composition qu’Alpha découvrit en 1988 et qui n’a jamais cessé de le hanter. Lee Jaffe, qui joua de l’harmonica sur l’album de Bob Marley Natty Dread, est un autre artiste invité sur ce Mystic Power qui marque le retour d’un Alpha au sommet de son art.
Mélodiste, militant et philosophe.
Tout simplement le plus important artiste africain du reggae contemporain.

Olivier Cachin